mercredi 14 février 2018

Chez le mage de Chumphon...



 Resterons-nous en Thaïlande encore quelques mois, un an, deux ans…?

Équation du second degré qui serait résolue par la découverte de ses racines :
- une école française agréable pour Nam
- une bonne qualité de vie pour Fon et moi.

Pour le premier point, le choix est restreint.
- Pattaya et sa mer sale, son vent dangereusement off-shore, ses fonds marins médiocres, sa ville hideuse, ses russes mal élevés et ses enfants de putes : non merci ;
- Bangkok : je me suis évadé de Paris - autant éviter les sympathiques vingt millions d'habitants de cette ville ;
- Koh Samui : on y marine dans un confinement touristique et des ambiances insulaires qui ne me disent rien qui vaille : c'est là où se déroulent tous les meurtres sordides entre français...
- Phuket et ses deux écoles : la dernière chance, le mystère qu'il faut lever !

Pour la qualité de vie, il faut trouver un endroit à l'abri des flux touristiques ou de l'aigreur des retraités venus au soleil valoriser leur petite pension par la parité de l'euro. M'excuseras-tu si je n'ai pas envie de voisiner avec un vieux frontiste ?

C'est à travers son beau site (très fréquenté et référencé ici, juste à droite) que j'ai rencontré Phil, le mage de Phuket. Il habite maintenant Chumphon après avoir vécu plusieurs années dans l'île. Sa connaissance des subtilités du pays est légendaire, et nous partons consulter l'oracle.

Nous descendons vers la belle province de Chumphon et nous le rencontrons dans sa maison de bois. L'oracle tombe : il faut rechercher dans la zone musulmane de l'île si je veux être à l'abri des flux de touristes. Ou peut-être chez les gitans de la mer, dans la presqu'île de Ko Sire, à une demie heure de l'école.

Le joli homestay où habite le mage de Chumphon : tu peux aussi y passer quelques nuits, la région est belle.

Pour l'instant, les hôtels sont remplis à 95%. Nouvel an chinois, vacances scolaires : le pire moment touristique. Autant se faire une idée dès à présent. Nous retenons trois nuits du côté des gitans de la mer.

Et comme l'insomnie me mine, je fais défiler les raisons de rester en Thaïlande. Éloge d'un pays amoché par le tourisme de masse, à la culture sinon indigente du moins incompréhensible... et qui ne m'intéresse pas. Comme sa cuisine : j'aime le bordeaux avec un clacos qui pue, l'épaule d'agneau aux flageolets et j'en ai la nostalgie. Trop borné pour imaginer pouvoir trouver mieux.

Quant aux températures tropicales, elles sont bien trop élevées pour mon goût : tant qu'à rester claquemuré avec une régulation thermique, autant vivre en Russie ou en Ukraine - dont les saisons intermédiaires sont magnifiques.

Mais la vie en Thaïlande est facile. On laisse son casque sur sa moto et personne ne vous le pique. On roule sur la quatre voies sans se préoccuper des flics - juste éviter de mourir sur la route. On échange des sourires avec les gens sans être obligé de supporter leur vulgarité - on ne comprend rien à ce qu'ils disent. On ne craint jamais pour sa sécurité - et rarement pour celle de ses biens.

Comme le pays est pauvre, le marketing n'est pas bien agressif. Et comme on est à l'étranger, on ne ressent pas la déplaisante connivence de la publicité française. Pas de déclarations politiques fracassantes à la radio, pas de sottises répétées en écho par les journalistes. Des administrations peut-être corrompue et d'une logique contestable, mais en général aimables sinon arrangeantes.

Quelques soient leurs raisons, bonnes ou mauvaises, les thaïs sont gentils avec les farangs (sauf dans les zones touristiques). Il n'y a pas de stress - il y en a d'autant moins qu'on se sent loin de l'insupportable sottise ou médiocrité des administrations françaises (à l'exception de celle des impôts). Loin des plateaux téléphoniques, des escroqueries minables dont on est victime quand on souscrit un abonnement internet, quand on ouvre un compte en banque ou qu'on le ferme, et des petites lignes des assurances.

Bref, la Thaïlande ne vaut pas tant pour ce qu'elle est que pour ce qu'elle n'est pas. La Thaïlande me fout la paix. Et c'est pour ça que je l'aime.

Et puis honnêtement, il y a plus moche.



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