lundi 27 avril 2015

Bain chaud dans la montagne (Malang)





Nous sommes partis à deux motos vers une montagne nommée, je crois, Ajurna. Au programme, passage dans un très beau parc, et visite d'une chute d'eau, avant d'arriver à des sources chaudes dans la montagne.

La première étape nous amène à Kota Batu, dans un parc d'attractions pour touristes, totalement inintéressant, avec une piscine sans lignes d'eau (!), des aquariums, et des parterres de fleurs. Beaucoup de monde. Il paraît que c'est joli. Mes nouveaux amis s'étonnent de ce que je ne sorte pas mon appareil photo et ne mitraille pas tout. Je les console en prenant quelques photos d'eux au milieu des fleurs.

Nous voilà repartis, direction la splendide chute d'eau. En fait c'est un arrêt en béton, avec un différentiel de dix mètres où coule platement un ruisseau. Sans beauté. Ce qui me frappe, c'est l'absence de barrières : des enfants jouant sur les côtés peuvent facilement faire une chute, comme d'un immeuble de quatre étages, et s'écraser sur le ciment en contrebas. Ce n'est pas la première fois que je vois ces à-pics que ne protège aucun garde-fou. J'y penserai encore en visitant Bromo, le volcan local. Peut-être à l'Ouest avons-nous tort de tout jauger en termes de danger potentiel et d'imaginer partout des drames. Peut-être ici n'a-t-on pas les moyens financiers d'assurer le minimum de sécurité. Je ne sais pas.
Même si la chute d'eau n'est pas belle, elle est charmante du fait de la présence de nombreux enfants, de jeunes filles qui se prennent en photos, d'adolescents qui font des effets de torse dans l'eau en s'arrosant.

Plus loin, la route devient pentue et les motos peinent. La température dégringole. Le trajet dans la montagne est magnifique, mais éprouvant du fait du froid. Enfin nous arrivons. Il se met à tomber des cordes. Le ciel était gris, menaçant depuis quelques kilomètres, laissant sourdre une lumière lourde et puissante. Nous sommes trempés en quelques minutes. Juste le temps d'envelopper l'appareil photo dans du plastique.

Dans le parc, parking désert. Nous trouvons un warung, nous nous attablons, et on nous sert des nourritures qui ne sont pas inoubliables. Tandis que je grelotte, je me demande ce que sera le trajet du retour. La pluie pendant une heure et demie, le froid de la mort qui tue, la route glissante. Mais Yuni dit qu'on va pouvoir acheter des imperméables ici. Est-ce possible ? Tout sauf cette pluie qui transperce. Elle va vers le magasin de souvenirs, et revient avec des espèces de sacs en plastique thermos-soudés en forme d'humanoïde. Sauvés !

Un peu plus loin, les deux piscines d'eau chaude. Surprise, alors que le parking semblait vide, il y a une quarantaine de personnes aux abords des bassins - ou dedans, barbotant dans soixante centimètres d'eau. Je plonge dans cette eau grise qui fume. Plaisir intense. Tandis qu'un nouveau nuage crève et jette des flèches glacées dans l'eau brûlante - agréable contraste.

Un étranger vient me parler. Il me dit qu'il est afghan, de Kaboul. L'Indonésie en majorité musulmane draine naturellement les exodes des ressortissants des pays arabes. Nous échangeons quelques mots en farsi[1], ce qui, vu le contexte, est assez farce. Il m'explique qu'il est étudiant en tourisme à Bali, et que c'est un endroit magnifique. Nous échangeons nos numéros de téléphone en nous séparant, mais je n'ai guère l'intention d'aller dans cet endroit de perdition touristique.

Au retour, les sacs font office de coupe-vent très efficaces et je n'ai pas froid. La pluie s'est arrêtée - elle semble avoir un rythme, deux heures en fin d'après-midi. Je retrouve l'hôtel pour une bonne douche chaude. Avant de nous quitter, nous projetons d'aller au bord de la mer le lendemain à l'aube. Trois heures de trajet en perspective. Réveil à l'aube.



[1] en persan

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